Le candidat Montebourg se retire ; analyse d’une défaite avant l’heure

En ce 19 janvier 2022, Arnaud Montebourg, qui s’était lancé dans cette course politique visant à atteindre l’Elysée, annonce pourtant dans une vidéo le retrait de sa candidature.

L’ancien ministre de l’Économie de François Hollande annonce ne pas avoir réussi à réunir dans un programme commun sa candidature à d’autres appartenant à sa famille politique.

La première erreur est peut-être ici.

Monsieur Montebourg estime donc que son programme politique est de gauche, et ne peut donc s’assimiler qu’à des idées dites de gauche. Pourtant, imaginer être président de la République, suppose vouloir être le président de tous les Français, et pas seulement à une partie de ceux-là. Enfin, cela voudrait dire qu’Arnaud Montebourg estime que ses idées sont exclusivement classées à gauche, ce qui n’est pas le cas puisque certaines d’entre elles peuvent rejoindre celles de l’Appel au Peuple et donc être au-dessus de toute classification.

Le désormais ancien candidat à la magistrature suprême l’avoue lui-même en énonçant que ses idées sont peut-être étrangères à sa propre famille politique. Dont acte.

De cet échec de vouloir faire front commun avec d’autres candidats pousse monsieur Montebourg à cesser le combat, estimant par ailleurs qu’il y a aujourd’hui un trop grand nombre de candidatures. La barrière fatidique des 500 signatures fera diminuer le moment voulu les prétendants au titre.

L’ancien ministre pâti, il ne faut pas le nier, de la présidence sous laquelle il a exercé ses fonctions. Est-il une fois de plus utile de rappeler le résultat aberrant du quinquennat Hollande, et de la débandade des ministres qui ont suivi cette année 2017 ?

Sur le flan de ses idées, Arnaud Montebourg disposait pour certaines de bonnes intentions, mais peut-être pas des bonnes armes :

  • « Hausse des salaires pour faire face au retour de l’inflation »: Une augmentation des salaires ne pourra être réellement possible qu’à la condition d’en réduire les charges tant patronales que salariales qui y sont liées. Combien d’employeurs aujourd’hui souhaitent augmenter leurs salariés mais pour des raisons économiques se ravisent de le faire ?
  • « Partage de la richesse créée dans l’entreprise »: Si Arnaud Montebourg parle de participation, le parti politique de l’Appel au Peuple a déjà l’intégralité des réponses à ce sujet ; une réponse bonapartiste doit être apportée, cela se traduit par une participation au bénéfice, par une participation au capital et par une participation dans les décisions de l’entreprise,
  • « Made in France XXL »: dans un premier temps il conviendrait de parler de « fabriqué en France » et de retirer tout anglicisme lorsque l’on parle de notre Nation. Dans un second temps c’est en effet par la réindustrialisation qu’il faut diriger notre pays pour cesser de dépendre des pays comme la Chine et dont les conséquences ravageuses ont été observées depuis cette crise sanitaire,
  • « S’appuyer sur le nucléaire pour faire face à la crise énergétique »: je ne cesse de rédiger des articles sur la chance qu’a la France de pouvoir s’appuyer sur la fission nucléaire pour produire son énergie décarbonée. Nos centrales assurent non seulement la souveraineté énergétique de notre pays, mais permet également de nous classer comme étant l’un des pays les plus vertueux au monde en matière d’écologie,
  • « Rétablissement d’une part raisonnable de souveraineté nationale face aux intrusions de l’Union Européenne »: il ne s’agit pas ici d’y remettre une part raisonnable mais de rétablir pleinement la souveraineté de notre Nation, qu’elle soit nationale ou bien populaire. Le Peuple français choisi ses représentants en toute démocratie, et ceux qui représentent la France et qui ont été appelés par les Français ne peuvent se voir imposer des décisions supranationales allant à l’encontre de la volonté populaire,
  • « Renforcer nos territoires ruraux »: c’est tout un programme et il faut que nos campagnes soient respectées tout comme nos agriculteurs qui s’abiment les mains pour nourrir les Français et qui pourtant sont les plus oubliés, les plus asservis de contraintes et qui manquent cruellement de considération. J’ai participé avec plaisir à l’Université de rentrée de l’Appel au Peuple qui s’est tenue à Savigny en 2021 au milieu de ce monde rural pour exposer les solutions concrètes à mettre en œuvre pour sauver le monde rural et agricole,
  • « Une vision intransigeante de la République qui doit assumer la sécurité[…] ne rien céder au principe de laïcité » : pour assurer la sécurité de ses citoyens, la République doit donner les moyens à ses forces de l’Ordre de faire respecter la loi. Quant à la Justice, bien qu’indépendante, elle doit cesser de considérer les délinquants comme des victimes, et les policiers comme des bourreaux. Les moyens doivent être humains, matériels et financiers. La sécurité sera très certainement l’une des thématiques centrales de cette campagne présidentielle, et la réponse qui doit être apportée devra être ferme, toujours dans un principe d’autorité, qui ne doit être confondu avec l’autoritarisme. Quant à la laïcité, c’est une terminologie qui revient sans cesse, et dont des historiens comme Eric Anceau ne cessent de rappeler la définition car trop souvent mal employée,
  • « Une politique intransigeante de l’immigration (intégration) »: il faut oser aujourd’hui se poser les questions des capacités d’accueil de notre pays, des conditions dans lesquelles nous acceptons les étrangers, et les droits et devoirs qui y sont liés. La France est une terre d’accueil, mais « être Français » aujourd’hui, ne peut se limiter comme certains le voudraient à une couleur de peau, à une religion ou bien à un passé commun. L’assimilation n’est pas un doux rêve, et la question d’un moratoire sur l’immigration doit être posée. Oui nous pouvons accueillir, mais nous ne pouvons pas accueillir n’importe qui et n’importe comment.

Arnaud Montebourg disposait comme candidat à la présidence de la République d’idées au-dessus du clivage traditionnel, et dont pour certaines l’Appel au Peuple y consacre toutes ses forces. Pourtant l’ancien ministre comme évoqué précédemment n’arrive pas à se détacher de ses anciennes couleurs, et de son passé politique qui ne joue pas tout à fait en sa faveur. De plus, bien que les idées soient là, les moyens pour arriver à les remplir ne sont peut-être pas employés de la meilleure des manières.

Les idées gaullistes et bonapartistes sont intemporelles, car elles répondent aux interrogations contemporaines à condition d’être comprises comme étant progressistes et certainement pas nostalgiques comme le pensent certains candidats.

___________________

Image de couverture issue de la vidéo YOUTUBE d’Arnaud Montebourg diffusée sur sa chaîne.

Porte-parole & responsable de la communication pour | Site Internet

Natif des terres parfumées de Provence, je suis depuis toujours un amoureux de la France, dans son ensemble et dans sa diversité. La richesse de nos paysages et la pluralité de nos coutumes n'ont de cesse de m'émerveiller mais me rappellent néanmoins l'unité de tout un peuple autour de la Nation, une et indivisible. Poussé par les principes d'égalité, de méritocratie, de respect ou encore d'autorité, je me suis orienté vers des études juridiques. Je me considère comme patriote, attaché à l'histoire de mon pays à la fois riche, glorieuse voire parfois tempétueuse.