Nouvelle Calédonie, territoire révélateur de nos faiblesses.

Par un troisième référendum sans contestation, c’est le 12 décembre 2021 que nos compatriotes néo-calédoniens choisirent une nouvelle fois de rester dans la République Française.

La France avait dû accepter le traitement d’une république bananière en accueillant des centaines d’observateurs onusiens dont la présence était de facto un contrôle des élections. Finalement cette petite atteinte à notre souveraineté permit de rendre le résultat indéniable, malgré les rodomontades, les manipulations des esprits et les menaces physiques de quelques indépendantistes irresponsables qui n’ont jamais rien compris à la démocratie.

Le Peuple s’était prononcé, et le choix du Peuple est sacré.

Immense satisfaction sur l’archipel et en métropole où même le Président Macron se fendit d’un discours patriotique dont nous n’étions guère habitués de sa part. Cependant ne baissons pas la garde par un excès d’autosatisfaction. Car les enjeux qui reposent sur la préservation de ces territoires conservent une importance majeure pour notre puissance. C’est-à-dire pour la force de protection de notre liberté à décider par nous-mêmes, pour nous-mêmes et pour nos enfants.

Quand on évoque l’archipel, la première image qui vient à l’esprit est celle de paysages paradisiaques où il fait bon vivre dans la Pax Gallica. L’appréciation de la réalité n’est pourtant pas si simple. Puisque l’actualité nous a permis, un moment, d’évoquer ces îles à 18 000 km et 11 heures de décalage des sphères dirigeantes parisiennes, n’hésitons pas à pousser la réflexion pour comprendre d’inquiétantes réalités.

La Nouvelle Calédonie Française est un enjeu international majeur. Nos intérêts économiques y sont nombreux et cette position stratégique suscite la convoitise d’ennemis potentiels et de faux amis historiques. Mais notre dispositif de défense local n’est absolument pas à la hauteur de l’enjeu, bien au contraire, il ne s’inscrit pas même dans notre politique de dissuasion.

Il importe et au plus vite de revoir notre politique de défense nationale complètement irraisonnée, à commencer par notre présence militaire ultramarine.

 

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La Nouvelle-Calédonie, outre son attirance touristique qui permet notamment aux riches Japonais de s’offrir un mariage à la Française, est convoitée depuis un siècle et demi par les grandes puissances. Ce qui suscite toujours leur convoitise repose, à la fois, sur une énorme richesse minière et sur une position stratégique particulièrement enviable.

Notre archipel dispose ainsi du second gisement mondial de nickel, soit 25% de la ressource globale, et qui fait de la France le cinquième producteur mondial de ce métal précieux.

Rappelons à nos candidats aux prochaines élections qui ne semblent pas se soucier de nos richesses nationales, que le nickel est un métal rare et indispensable à la sidérurgie de pointe et de grande consommation.

Le Nickel est ainsi utilisé pour la fabrication d’aciers spéciaux et de superalliages, d’aciers inoxydables nécessaires aux constructions navales, à l’armement, à l’industrie nucléaire en pleine croissance mondiale et encore un peu à la fabrication des batteries des véhicules électriques à la mode pour quelques temps encore.

Rappelons-leur, puisqu’ils n’en parlent jamais, que les matières qui sont importantes pour l’activité industrielle, si on ne les produit pas, il faut les acheter. Souvent très cher.  Evidemment en sacrifiant à chaque fois une part de notre indépendance nationale.

Le nickel est donc d’une importance stratégique puisqu’il contribue à la richesse et à l’indépendance de la France.

L’autre importance stratégique de la Nouvelle Calédonie réside dans sa position géographique. Napoléon III avait eu du flair en conservant cet archipel du bout du monde pour en faire d’abord un bagne, permettant d’y disposer des forces militaires et de jeter un premier dispositif d’exploitation des richesses naturelles. Les Anglais eurent du mal à accepter cette présence française qui nous plaçait en relations directes avec le Japon, la Chine, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Indonésie, les Philippines, l’Indochine et la Polynésie.

Les Américains comprirent très vite que l’archipel, parmi les premiers territoires ralliés à la France Libre de de Gaulle, constituait l’équivalent de 10 porte-avions et un terrain d’entraînement privilégié pour y former 1 million d’hommes qui allaient se jeter sur les Japonais.

Regardez simplement un planisphère, essayez un moment de réfléchir à la manière de Xi Jinping, et vous comprendrez que la possession de l’archipel permettrait aux Chinois de briser l’encerclement occidental.

La Nouvelle-Calédonie contribue à doter la France, au niveau mondial, du premier territoire sous-maritime et du deuxième territoire maritime. Sur les terres françaises le soleil ne se couche jamais (Charles Quint peut aller se rhabiller ! pas seulement pour l’hiver) et il reste possible de faire le tour du monde en avion sans jamais quitter la France.

L’archipel nous autorise à imposer et faire valoir notre politique de pêche, notre politique environnementale, notre langue face aux 27 langues qui sont pratiquées là-bas.

Et que met-on en place pour protéger ce pur joyau ? Pas grand-chose…

 

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En dépit de l’admiration que nous devons à nos soldats servant au bout du monde pour nos intérêts stratégiques et économiques, il ne faut pas tromper les Français, nos forces sur place sont rachitiques à l’instar d’ailleurs de celles de la Polynésie Française.

L’Armée de Terre y entretient un Régiment d’Infanterie de Marine opérationnel, et un régiment du Service Militaire Adapté où la formation professionnelle limite celle du combattant. En tout moins de 1500 hommes.

La Marine y dispose d’une seule frégate, d’un patrouilleur, d’un hélicoptère, de deux avions de surveillance et de quelques Fusiliers Marins.

L’Armée de l’Air et de l’Espace y déploie deux avions de transports et deux hélicoptères. Il reste de l’espace en effet…

Pas très impressionnant tout ça, les connaisseurs apprécieront le ridicule de la situation.

« Mais… » rétorquent les grands stratèges qui n’ouvrent jamais de livre d’histoire et qui sombrent dans un début d’Alzheimer : « un débarquement ? ça n’arrivera jamais ! » Ah, oui et en 1982, alors que la Grande-Bretagne était affaiblie économiquement, qu’elle sortait d’une longue période de perte d’influence et de faiblesse politique, que s’est-il passé ? Invasion des Malouines…

« D’accord, mais il y a la dissuasion » réplique les grands stratèges que la géopolitique des antipodes n’intéresse guère…

Soyons sérieux, notre président actuel va-t-il pulvériser Shangaï pour sauver 180 000 Néo-Calédoniens… ? L’emploi de notre force stratégique de dissuasion est inimaginable, cela relève d’une piètre imagination, d’une inimagination, d’inimaginot… ! Nos stratèges ont en effet oublié que notre dissuasion, comme celle de 1940, la ligne Maginot, peut devenir inutile si elle est contournée.

Notre dissuasion a de la valeur que si elle repose sur un système stratégique gradué que nous n’avons plus, et sur l’ultime volonté d’un homme à la stature politique indéniable et respecté de l’adversaire que nous n’avons pas. La dissuasion repose sur trois phases de réactions :

 

  • Phase 1 : Des forces conventionnelles des trois Armées, organisant une première résistance sur le territoire, doivent compléter la présence de cette partie du Peuple Français que nous n’abandonnerons pas à son sort. Force est de constater que ce déploiement n’a pas vraiment été réalisé en Nouvelle-Calédonie.

 

  • Phase 2 : La capacité d’une première frappe nucléaire tactique, de faible puissance mais démontrant la volonté du Président élu par le Peuple. Nous n’avons plus cette capacité.

 

  • Phase 3 : la frappe ultime et terriblement destructrice à éviter à tout prix mais pas quoi qu’il en coûte

 

Quand on imagine Emmanuel Macron, Florence Parly, Darmanin, Véran, Dupont-Moretti et Gabriel Attal, sans compter la presse pour communiquer, communiquer, communiquer. Tout ce joli monde de grands guerriers défenseurs de la patrie, entassés dans le PC Jupiter, pour décider de notre réaction militaire, on préfère certainement miser en priorité sur notre résistance et avoir de quoi faire durer le plus longtemps possible la Phase 1.

Notre adversaire potentiel, lui aussi, intègre ces scénarii dans sa stratégie. Alors que faire pour rester une grande puissance du Pacifique ?

 

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Outre se donner enfin les moyens conventionnels et nucléaires assurant notre liberté, nos intérêts et nos valeurs, ce qui relève d’une pensée stratégique à revoir plus complètement et plus globalement, il faut augmenter le positionnement de forces de qualité sur nos territoires ultramarins.

Pour la Nouvelle-Calédonie, nous pouvons commencer très vite par une période correspondant à une démonstration de force et de volonté :

  • Positionner immédiatement deux régiments d’Infanterie d’élite (Légion, Troupes de Marine, Parachutistes) dont un permanent, ce qui permet une connaissance du terrain et des populations, l’autre assuré par des unités tournantes.
  • Assurer une réserve à ces deux Régiments par les soldats du RSMA, leur formation militaire étant complétée par amalgame avec des professionnels. La fraternité d’armes renforcera l’efficacité.
  • Augmenter les Forces de Gendarmerie locales et leur donner une mission de renseignement accrue, notamment dans la surveillance des populations étrangères (touristes australasiens et états-uniens, troupes américaines en escale, chinois établis ou en voyage d’affaires). Lui adjoindre une Gendarmerie auxiliaire pouvant la renforcer à la demande.
  • Accroître le nombre de blindés légers rapides et de mortiers sur l’archipel.
  • Déployer une unité du génie permanente, renforcée par des éléments tournants et pouvant réaliser des obstacles de ralentissement et des abris.
  • Renforcer notre présence dans le Pacifique en plaçant notre Porte-Avions entre Océan Indien et Pacifique et en faisant comprendre aux services secrets étrangers que nos sous-marins nucléaires lanceurs d’engins veillent dans la même zone.
  • Y déployer plusieurs sous-marins d’attaque à propulsion nucléaire pouvant détruire de nombreux bâtiments de surface chinois ou faux amis.

Ce déploiement peut se faire immédiatement en démontrant que la France n’a pas l’intention d’abandonner ni ses populations ni ses territoires. On ne pourra accuser la France d’attitude agressive puisque nous sommes chez nous ou dans les eaux internationales. Ce déploiement correspond aussi à une articulation imposant à la flotte de l’Océan Indien et du Pacifique l’acquisition d’un second Porte-Avions. Tant mieux, ça participera à notre réindustrialisation.

 

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Nous n’avons pas évoqué les alliances européennes dont nous connaissons la piètre valeur depuis que l’Allemagne nous abandonna face à Erdogan. Le sujet était aussi trop sérieux pour considérer l’OTAN comme une pièce maîtresse dans l’échiquier pacifique. Les Turcs sont devenus des ennemis potentiels, les Australiens et les Américains nous trahissent, les Néo-Zélandais ne nous soutiennent pas et les Américains ont toujours convoité l’archipel.

Finalement les récents évènements en Nouvelle Calédonie sont révélateurs d’une situation tragi-comique au regard des forces que nos gouvernements ont choisi de maintenir depuis 30 ans sur les territoires français.

Il faut que nos Etats-Majors qui sont payés à envisager l’imprévisible réagissent face aux menaces réelles et n’hésitent pas à alerter sans cesse les décideurs politiques. Qu’ils lisent le Gamelin ou la tragédie de l’ambition du Colonel Schiavon, tout récemment publié chez Perrin. Ils comprendront comment un brillant Officier, major de Saint Cyr, Second à l’Ecole de Guerre, peut sacrifier la Défense Nationale pour une poignée d’étoiles, uniquement par soumission à un milieu politique qui a perdu la culture géopolitique et la notion d’Histoire.

Si nous laissons faire, si nos Etats-Majors s’adonnent à la procrastination, si nos dirigeants continuent à zigzaguer entre négation de la réalité, rêves utopistes, repentance et communication à outrance…

… Alors craignons que cette comédie régionale ne se transforme en tragédie nationale.

Secrétaire Général  pour L'Appel au Peuple

Natif de Mulhouse et habitant aujourd’hui les Pyrénées centrales, j’ai la France dans la peau.
Après Saint Cyr, j’ai servi comme Officier dans les Bataillons de Chasseurs Mécanisés passant la moitié de ma carrière dans les Forces Françaises en Allemagne.
J’ai quitté l’Armée comme jeune Commandant pour entrer dans l’Industrie nucléaire où j’ai servi 26 ans.
J’ai exercé les fonctions de PDG d’Areva-LMC (logistique de la matière nucléaire) puis de DG de Westinghouse en Europe et en Afrique du Sud.
Je parle plusieurs langues étrangères et j’ai rédigé des romans ainsi que des manifestes politiques.
Bonapartiste de toujours l’effondrement de mon pays, le reniement de son Histoire, et le mépris de son Peuple me sont insupportables. Surtout lorsque cette situation résulte de l’activité de piètres personnages au plus haut niveau de responsabilité politique ou économique.
J’ai rejoint France Bonapartiste et l’Appel au Peuple pour participer activement au redressement de la Nation en trouvant l’inspiration dans l’œuvre de nos deux Empereurs.

Enfant du Comminges, dans les Pyrénées Centrales, j’ai cet amour pour les territoires qui au fil des siècles sont venus former notre belle France. Cette France que j’ai servi durant quelques années au sein des unités de l’Infanterie de Marine et par ce biais sur différents théâtres d’opérations et qui m’a donné ainsi une deuxième famille. Amoureux de notre Histoire mais surtout admirateur de l’œuvre de nos deux empereurs, loin de tous anachronismes, je défends leur mémoire mais aussi les valeurs qu’ils nous ont légué pour une certaine idée de la France grande, juste, respectée et généreuse. Cette Histoire, ces valeurs et cette mémoire qui doivent nous rendre fier d’être Français.